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Dimanche 27 janvier 2008
PARIS (AFP) — Après le jugement rendu le 16 janvier par le tribunal correctionnel de Paris, "Total décide de faire appel d'une décision de justice qu'il estime injustifiée et allant à l'encontre du but recherché: améliorer la sécurité dans le transport maritime", a annoncé le groupe vendredi dans un communiqué. "Il est reproché à Total d'avoir provoqué le naufrage en commettant une faute d'imprudence dans la sélection du navire, alors que Total a été trompé par des certificats qui ne correspondaient pas à la réalité de l'état gravement dégradé de la structure du navire", ajoute le groupe, soulignant que ce n'est "ni son rôle, ni son métier" de se substituer aux sociétés de contrôle et de classification. Le groupe s'est dit vendredi prêt à verser les indemnités "immédiatement et de manière irrévocable aux victimes de la pollution" qui choisiront de se désister de leur constitution de partie civile et de ne plus rien réclamer en appel. "A tous ceux qui sont d'accord, on va donner les montants estimés par le tribunal en contrepartie d'un désistement", a expliqué à l'AFP Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de Total. "On ne peut accepter d'être condamné ni au pénal, ni au civil", a-t-il ajouté. "Une organisation est mise en place pour que les paiements soient immédiats et définitifs quel que soit le résultat de l'appel", poursuit le communiqué du groupe, rappelant qu'il a déjà dépensé 200 millions d'euros pour participer au nettoyage des côtes et pomper le fioul resté dans les cuves de l'Erika après le naufrage. Associations écologiques, pêcheurs, mareyeurs, collectivités locales, hôteliers: une centaine de personnes physiques ou morales sollicitait des réparations financières au procès qui s'est tenu de février à juin 2007. Les parties civiles ont finalement obtenu 20% du milliard d'euros réclamé. Mais au lendemain du jugement, alors que Total étudiait la meilleure stratégie à adopter, une source proche du dossier avait estimé qu'en appel "s'il perd encore, Total pourrait se retrouver avec 400 millions d'euros de dommages et intérêts". En effet, le jugement de première instance a reconnu pour la première fois le préjudice écologique, ce dont ont profité la Ligue pour la protection des oiseaux et le département du Morbihan parce qu'il gérait des espaces naturels aux contours précisément établis. Désormais les conseils régionaux concernés par le déversement de 20.000 tonnes de fioul lourd ultra-polluant sur 400 km du littoral Altantique pourront présenter des dossiers montrant qu'elles gèrent aussi ce type d'espaces sensibles, et ont donc droit à des indemnités pour atteintes à l'environnement. Dans un entretien publié vendredi soir sur le site de Ouest France, le directeur général Christophe de Margerie a déclaré avoir fait appel "par devoir de chef d'entreprise". Selon lui, ce jugement "s'en prend à la poche profonde du groupe qui fait des bénéfices" (12,6 milliards d'euros en 2006).
Publié dans : empreinte environnementale
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